1. Cession vs reprise : deux faces d'une même opération
Une transmission combine vendeur (cédant) et acheteur (repreneur) avec des intérêts et BP différents.
La cession d'entreprise (côté vendeur) implique 3 étapes principales. Phase 1 — Préparation 12-24 mois en amont : audit interne, optimisation financière (réduction dettes, structuration cash), structuration juridique (transformation EURL/SARL en SAS si nécessaire pour optimisation cession titres vs fonds), constitution dossier de présentation (information memorandum). Phase 2 — Mise en marché 3-9 mois : sélection conseil M&A (banque d'affaires, boutique spécialisée), constitution data room, identification cibles repreneurs, premières marques d'intérêt. Phase 3 — Négociation et closing 3-6 mois : LOI (Letter of Intent), due diligence par l'acheteur, négociation SPA (Share Purchase Agreement), closing.
La reprise d'entreprise (côté acheteur) implique également 3 étapes mais avec un BP orienté financement. Phase 1 — Identification cible 3-12 mois : recherche par réseaux (CRA, Bpifrance Marketplace, Übergabebörse Nexxt en DE), critères de sélection (secteur, taille, géographie, rentabilité), première analyse financière. Phase 2 — Due diligence et structuration 2-4 mois : audit comptable/fiscal/social/commercial/technique, négociation pré-LOI, structuration financement. Phase 3 — Financement et closing 2-6 mois : levée banque + Bpifrance Transmission + investisseurs equity si LBO, signing SPA, closing.
Le BP côté repreneur est central pour boucler le financement. Il doit démontrer : (1) compréhension fine de l'entreprise cible (analyse historique 3-5 ans), (2) plan de développement post-acquisition (croissance organique + synergies), (3) plan de remboursement de la dette d'acquisition (typiquement 5-7 ans pour un LBO), (4) capacité du repreneur à gérer l'entreprise (parcours, expérience sectorielle). Pour un MBI (Management Buy-In, repreneur extérieur), le BP doit particulièrement justifier la compatibilité repreneur-cible.
Le timing : préparer la cession 2-3 ans en amont
Une cession optimale se prépare 24 à 36 mois en amont. Trois leviers clés. Premièrement, optimisation fiscale : pacte Dutreil (engagement collectif 4 ans + individuel 4 ans), abattement renforcé sur plus-values, régime du cédant prenant sa retraite. Deuxièmement, optimisation opérationnelle : croissance soutenue 18-24 mois avant cession, marges améliorées, dépendance client réduite. Troisièmement, structuration juridique : transformation EURL → SAS si pertinent, simplification des participations, résolution des contentieux pendants. Une cession précipitée perd typiquement 20-40 % de valorisation.