1. Le statut social du président SASU et son impact sur les aides
Le président SASU est assimilé salarié du régime général, ce qui ouvre des droits sociaux distincts du régime TNS.
Le président de SASU est obligatoirement affilié au régime général de la Sécurité sociale (URSSAF, branche maladie, retraite Agirc-Arrco, etc.) dès qu'il perçoit une rémunération. Les cotisations sociales représentent environ 80 % du salaire net (incluant les charges patronales et salariales). Cette structure de charges, plus lourde que le régime TNS de l'EURL, est compensée par une protection sociale étendue (indemnités journalières maladie, congés maternité/paternité, retraite Agirc-Arrco) et une plus grande compatibilité avec les dispositifs d'aide chômage.
Si le président SASU ne se verse pas de rémunération (autorisé en SASU contrairement à l'EURL gérant majoritaire), il ne paie pas de cotisations sociales sur le revenu de l'entreprise. Cette particularité est exploitée par de nombreux fondateurs en phase d'amorçage pour cumuler 100 % de l'ARE pendant 24 mois avec une activité en SASU non rémunérée. Le revenu est alors capté par les dividendes (soumis au PFU 30 % flat tax) après clôture du premier exercice, plutôt que par la rémunération de mandat (soumise aux charges sociales).
Ce levier ARE + SASU non rémunérée est particulièrement adapté aux profils d'ingénieurs, consultants seniors ou cadres en transition disposant d'un reliquat ARE significatif (souvent 30 000 à 60 000 € de droits restants). Il nécessite cependant une déclaration mensuelle rigoureuse à France Travail (déclaration de revenus à zéro tant que pas de versement personnel) et une justification du temps consacré à l'activité de recherche d'emploi.
Pièges du « président non rémunéré »
France Travail considère qu'un président SASU non rémunéré qui consacre plus de 35 heures par semaine à son activité d'entreprise n'est plus à la recherche effective d'emploi. Tenir une preuve d'activité de recherche (candidatures, entretiens, formations) reste obligatoire — un contrôle peut entraîner la radiation et le remboursement des allocations perçues.